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Huit pépites de Jimmy Smith

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Avec plus d’une centaine d’albums originaux (sans compter les compilations) recensés sur le site Discogs.com, la discographie de Jimmy Smith est plus que pléthorique : elle est océanique. Petite sélection concentrée sur deux décennies si fertiles pour accompagner le papier du Jazz News 66.

« The Sermon », The Sermon ! (Blue Note, 1959) Cet album assura la réputation de l’organiste… et de confortables dividendes au label Blue Note. Le titre éponyme est un long blues improvisé remplissant une plage entière de vinyle (vingt minutes), une rareté pour l’époque.

« Well, You Needn’t », Jimmy Smith At The Organ, vol. 3 (Blue Note, 1956) Smith qui joue Monk : on frise le contre-emploi pour l’organiste à l’opposé de l’art tout en suspens du pianiste. Il s’en sort très dignement, même s’il ne peut résister à la déferlante de notes dont il orne son solo. À noter dans le même album, un morceau irrésistiblement kitsch, « Judo Mambo », presque annonciateur du groupe colombien Meridian Brothers.

« Blues n°2 », Six Views From the Blues (Blue Note, 1958) Un des innombrables blues joués par Jimmy. Particulièrement en verve pour déployer sa science harmonique, il est ici admirablement secondé par un Cecil Payne tout en rondeurs au sax baryton. À la batterie, l’indéfectible Donald Bailey.

« OGD aka The Road Song », Jimmy & Wes. The Dynamic Duo (Verve, 1966) La rencontre entre Jimmy Smith et Wes Montgomery fut une des plus fructueuses sur le plan musical (et gastronomique, si l’on en croit la pochette de l’album). Sur fond de rythmes latins, le jeu en accords de Wes fait merveille en contrepoint de celui de Smith, presque timoré à ses côtés. Presque.

« The Cat (From Joy House) », The Cat (Verve, 1964) Porté par le big band surpuissant de Lalo Schifrin et la guitare de Kenny Burrell, Jimmy Smith déploie une musique digne des courses poursuites hollywoodiennes. En voiture Simone, et en Cadillac de préférence !

« Got My Mojo Working » : Got My Mojo Working (Verve, 1966) Un hit qui met à profit sa voix rocailleuse. S’il a troqué sa formation habituelle (orgue Hammond B-3, guitare, batterie) pour l’orchestre d’Oliver Nelson, son solo reste un modèle d’efficacité mélodique.

« Back At The Chicken Sack » : Back At The Chicken Sack (Blue Note) Représentatif du groove de Jimmy, avec montée progressive du plaisir jusqu’à l’ivresse. Le timbre velu de Stanley Turrentine, vieil acolyte de l’organiste, y est particulièrement mis en valeur.

« Sagg Shootin’ His Arrow » : Root Down Live ! (Verve, 1972) Entouré d’une « bande de jeunes » qui l’amène sur le terrain du jazz rock et du funk, l’organiste produit un feeling atmosphérique digne des grands albums de Miles de ces électriques années 1970.